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La Frontière, lieu où le légal et l’illégal conviennent: Analyse parallèle entre Foz do Iguaçu et la “passe de Salvador”

Article par Mohamed Issouf Ag Mohamed

La Frontière, lieu où le légal et l’illégal conviennent: Analyse parallèle entre Foz do Iguaçu (en Amérique du Sud) et la “passe de Salvador” (au Sahara central).

Introduction

La configuration des conflits armés dans le monde a profondément évolué à la suite  de la fin de la Guerre Froide. Les enjeux de sécurité tendent désormais à revêtir un caractère principalement intra-étatique et reléguant les affrontements interétatiques à une place secondaire par rapport à la conception traditionnelle des relations internationales. Cette transformation des formes de conflictualité a également eu des répercussions notables sur les zones transfrontalières, où les dynamiques de confrontation ont mis en lumière les insuffisances structurelles des États en matière de consolidation institutionnelle et de maîtrise effective du territoire. Cet article se donne pour objet une étude comparative entre la configuration frontalière tripartite liant le Brésil, le Paraguay et l’Argentine, et le territoire de la passe de Salvador, situé dans l’extrême nord nigérien, à la limite de l’Algérie et de la Libye. Son fondement méthodologique s’appuie sur un corpus constitué de publications académiques, d’ouvrages de références en Relations Internationales et en études stratégiques, ainsi que sur la documentation officielle émanant des organisations internationales, à l’instar de l’ONUDC et des journaux locaux.

Ce texte est organisé en quatres parties. En plus de la présente introduction et la conclusion, le volet théorico-conceptuel  se présente en deux sections: la première porte sur le concept d’«État défaillant» et la deuxième expose le mécanisme de la perspective de sécuritisation. La partie de l’analyse parallèle des implications sécuritaires s’articule en trois sections: la triple frontière sud-américaine (cas de Foz do Iguaçu);  la triple frontière saharienne ( cas de la passe de Salvador) et le résultat des deux études de cas.

I. Cadre Théorique

Cette partie de l’article vise à établir le référent théorique qui va guider l’analyse sur les deux frontières tripartites et les défis auxquels elles font face.  Pour cela, nous utiliserons les textes sur le concept d’«État défaillant», et les contributions de l’école de Copenhague, notamment le mécanisme analytique de la sécuritisation.

1. État défaillant

    L’objectif de cette section ne consiste pas en une analyse théorique exhaustive du concept  d’«État défaillant», mais vise plutôt à en proposer une illustration empirique à travers le cas de la présente étude.  

    En effet, le concept fait l’objet de définitions plurielles, variant selon les contextes historiques et les approches théoriques mobilisées. À titre d’exemple, Rotberg (2003) distingue trois niveaux de défaillance étatique: les États fragiles, les États défaillants et les États effondrés. Le premier niveau correspond à des États qui conservent une certaine stabilité et un contrôle sécuritaire sur l’ensemble de leur territoire, mais peinent à fournir efficacement  les politiques publiques essentielles. Le deuxième niveau intervient lorsque l’entité étatique perd le contrôle de ses frontières ou d’une partie de son territoire au profit d’acteurs armés différents de l’armée nationale, devenant ainsi incapable d’y exercer son autorité. Enfin, le stade ultime représente l’effondrement total de l’autorité, où seules l’aide humanitaire et la loi du plus fort régissent la vie sociale et politique.

    Ce cadre conceptuel a connu une importance accrue dans le champ des études de sécurité internationale après les attentats du 11 septembre 2001, comme le souligne le Professeur de Relations Internationales de l’université pontificale Catholique de São Paulo, Reginaldo Mattar Nasser (2009). Selon lui, le concept d’«État défaillant» a été appliqué à de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie, caractérisés par une fragilité structurelle et une vulnérabilité socio-économique.  Pour Nasser,, ces contextes favorisent à la fois la manipulation des populations par des acteurs criminels et des trafiquants ainsi que par la corruption institutionnelle, renforçant ainsi la présence d’activités illicites transnationales (Nasser, 2009).

    Ces activités, qui incluent le trafic de drogues, d’armes, de migrants et d’autres produits, exercent des effets déstabilisateurs bien au-delà des territoires où elles se manifestent (UNODC, 2023). Comme le constate la thèse de Moisés Naím (2006), leur nature transfrontalière et les flux financiers qu’elles génèrent menacent l’État de droit, en particulier dans les pays dépourvus de capacités suffisantes pour y faire face. Cette dynamique criminelle s’inscrit dans un cercle vicieux: l’affaiblissement de l’État facilite l’expansion des activités illicites, lesquelles, à leur tour, minent davantage les institutions.   

    En définitive, bien que le concept d’«État défaillant» soit dépourvu d’une définition universelle, il désigne communément l’incapacité d’un État à exercer ses fonctions régaliennes essentielles, notamment le monopole de la force et le contrôle effectif du territoire, ainsi qu’une fragilité institutionnelle structurelle compromettant la satisfaction des besoins fondamentaux de sa population. 

    2. Securitisation:

      Il convient, dans un premier temps, d’établir une distinction entre les notions de sécurisation et de sécuritisation. Selon la différence proposée par  Balzacq (2016)[1], la première renvoie au registre de la protection concrète et de la mise en œuvre des mesures sécuritaires. La seconde, en revanche, fait référence à une dynamique essentiellement discursive, par laquelle un enjeux est construit et désigné comme une question de sécurité.

      Pour approfondir, selon les théoriciens de l’école de Copenhague pour les études de Sécurité, notamment Buzan, Waever et de Wilde (1998), la sécuritisation désigne le processus par lequel un enjeu est construit et présenté comme une menace existentielle à l’égard d’un objet référent (généralement, mais non exclusivement, l’État), légitimant ainsi le recours à des mesures exceptionnelles pour y faire face. Cela peut inclure une action militaire, des restrictions aux droits civiques ou d’autres politiques qui ne seraient normalement pas acceptées en temps de paix. La sécurisation est souvent utilisée pour mobiliser des ressources et un soutien politique afin de répondre à la menace perçue (Buzan et al, 1998). Ce mécanisme analytique repose sur trois composantes fondamentales : l’acteur sécuritisant, c’est-à-dire celui qui formule la menace; le discours de sécuritisation, qui façonne la représentation du danger et en détermine la portée; et enfin le public, dont l’adhésion est nécessaire pour que la menace soit reconnue comme telle et que l’action extraordinaire soit socialement et politiquement validée.

      À la lumière de ces brèves considérations, il est possible de constater la valeur analytique de la théorie de la Securitisation, dans la mesure où elle s’avère applicable à un contexte marquée par une conjoncture de menace, en l’occurrence, les activités illicites dans les zones frontières de deux régions, objet de recherche du présent article. Dans ce cadre, les acteurs securitisants (États nationaux) revendiquent, afin de protéger l’objet référent,  la sécurité de la frontière tripartite sud américaine (représentée ici par la ville brésilienne de Foz do Iguaçu, frontalière au Paraguay et l’Argentine) et la frontière tripartite saharienne (représentée par la “passe de Salvador” entre le Niger, l’Algérie et la Libye) ainsi que le recours à l’ensemble des moyens disponible pour contenir les menaces existentielles. 

      II. Analyse et discussion

      Cette deuxième partie a pour objet l’analyse parallèle des deux cas d’étude. Elle s’organise en trois sections: la première sera consacrée à l’examen de la frontière tripartite sud-américaine, représentée par la ville brésilienne de Foz do Iguaçu à la confluence du Paraguay et l’Argentine. La deuxième se concentrera sur l’analyse de la triple frontière (représentée par la passe de Salvador) à la frontière  du Niger avec la Libye et l’Algérie. Enfin, la dernière section présentera la mise en parallèle des similitudes existantes dans les deux cas.     

      1. Frontière tripartite sud américaine: Foz do Iguaçu

        Connue sous le nom de triple frontière d’Iguaçu (Iguazú), cette zone désigne le point de rencontre des frontières du Brésil, du Paraguay et de l’Argentine. C’est également l’endroit où les fleuves Paraná et Iguaçu se rejoignent, formant une délimitation naturelle entre les trois pays, symbolisés par un obélisque. Le passage naturel de cet espace, façonné par l’écosystème qui entoure les cascades d’Iguazu, détonne avec la présence des groupes criminels.

        Au regard du concept d’« État défaillant », tel qu’exposé dans la partie théorico-conceptuelle de ce papier, la triple frontière entre le Brésil, le Paraguay et l’Argentine ne présente pas les caractéristiques typiques d’une défaillance étatique. Cependant, « le profil des entrées de produits illicites dans la région de la Triple Frontière se caractérise par l’entrée de cigarettes, de cannabis, de cocaïne et de pesticides agricoles, sans compter le trafic d’armes […], cette situation révèle une zone de grande vulnérabilité, qui interpelle la Défense nationale et requiert une attention particulière de la part de l’État brésilien » (Martins et al, 2024, p.120, traduction libre[2]) . Ainsi, bien que la région ne puisse être assimilée directement à une faillite d’État, elle partage plusieurs dynamiques structurelles similaires, notamment une forte exposition aux activités illicites transnationales et des défis persistants de gouvernance frontalière. Dans cette perspective, la convergence des routes de contrebande du cannabis et des cigarettes par le Paraguay met en évidence le rôle stratégique de la ville de Foz do Iguaçu, principal corridor d’entrée des produits illicites au Brésil. La frontière reliant ciudad del Este (Paraguay) à Foz do Iguaçu (Brésil), par le pont de l’amitié sur le fleuve Paraná, constitue l’une des principales routes[3] de la cocaïne de l’hémisphère sud vers l’Europe, via l’Afrique de l’ouest et le corridor de Salvador au Sahara central.

        Selon Devia-Garzón & Ortega-Avellaneda (2019), la triple frontière représente aujourd’hui une zone d’importance géopolitique et géostratégique majeure pour le crime organisé transnational. Cette dynamique est accentuée par l’informalité du marché de travail dans les villes transfrontalières de Foz de Iguaçu (Brésil), Ciudad Del Este (Paraguay) et Puerto Iguazú (Argentine), ainsi que par leur forte densité démographique. Ces auteurs soulignent que, malgré son potentiel touristique et économique reconnu, la région est également marquée par la présence des plus grands marchés illicites d’Amérique du Sud, renforcés par la mondialisation et par la connivence entre les organisations criminelles des trois villes. Il s’agit donc d’un espace géopolitique périphérique, exempt de conflits armés majeurs, mais caractérisé par des nouveaux élevés d’insécurité politique et sociale (Medeiros Filho, 2010). À cet égard, les plus vulnérables sont les communautés traditionnelles autochtones qui subissent les conséquences multidimensionnelles de la violence[4] du narcotrafic et de ses complices agriculteurs. Cela impacte non seulement par l’appauvrissement de leurs vitales, mais se traduit également par des violences physiques, des expropriations terriennes dans un contexte d’absence persistante de protection étatique. 

           Dans ce contexte, la sécuritisation de la triple frontière s’est intensifiée, notamment à travers des accusations formulées par les États Unis et Israël sur l’existence de liens entre le Hezbollah, via certains membres de la communauté musulmane d’origine libano-syrienne[5] de Foz de Iguaçu,  et des organisations criminelles régionales, comme l’observe DeCastro (2020). Selon l’argument de cette auteure, cette triple frontière est représentée comme étant un refuge pour «terroristes» où leurs soutiens répondent davantage aux intérêts américains et israéliens qu’à des véritables besoins sécuritaires locaux. Dans cette même logique, Les États-Unis décrivent la frontière tripartite sud americaine comme une zone «attirante pour les individus cherchant à se consacrer au financement du terrorisme» (United States, 2017, p.295,), notamment dans les sections consacrés au Paraguay et au Brésil de leurs Country Reports on Terrorism de 2017.

        En outre, les offres[6] de récompenses financières pour toute personne fournissant les informations sur les réseaux financiers de Hezbollah dans cette frontière tripartite et l’installation[7] par le Paraguay d’un centre antiterroriste en 2025, avec le soutien du renseignement américain (FBI), renforcent ce discours de sécuritisation (Buzan et al., 1998), qui présente la région comme un épicentre de menace à la sécurité internationale.  

        2. Passe de Salvador:

        La localité de «La passe de Salvador», située à l’extrême nord du Niger, constitue un espace stratégique à la confluence des frontières nigérienne, libyenne et algérienne. Il s’agit d’une zone marquée par un isolement prononcé et une marginalisation par l’absence de l’État en termes de politiques publiques.

         Dans son article intitulé «The Salvador Pass Dilemma: Security, Violence, and the Paradox of Governance in the Sahelʹs Borderlands», Hamdy (2024)  présente cette zone frontalière comme un microcosme des dynamiques sahéliennes, où se nouent de manière paradigmatique les liens entre les trafics transnationaux (migrants, armes, drogues, d’or et d’autres marchandises etc…) et les défaillances de la gouvernance, générant un cycle de violence et d’instabilité. Selon lui « l’incapacité de l’État à fournir des services publics dans ses territoires désertiques, combinée à une marginalisation effective de ces communautés, a en outre alimenté la contrebande et le commerce illicite le long des couloirs frontaliers[8].» (Hamdy, 2024, p.7, traduction libre). De plus, du côté libyen, Hamdy (2024, p.8, traduction libre) rappelle que, « [déjà] sous le régime de Kadhafi, les passages frontaliers étaient loin d’être réguliers et se caractérisent par la corruption et le népotisme[9]». Ainsi, l’incapacité ou le refus à assurer l’investissement et les politiques publiques dans cette zone a contribué davantage à la marginalisation économique, ce qui a transformé la contrebande, le trafic illicite et le crime organisé  en économie de survie et en facteur d’instabilité régionale.

        Quant au côté nigerien de la frontière, il fait face à des défis similaires, liés aux activités illicites transnationales, notamment le trafic de drogues, qui exploite la position stratégique d’Agadez comme carrefour régional[10]. Malgré les opérations de lutte contre les activités illicites menées par l’Etat, comme la récente saisie[11] d’une importante cargaison de stupéfiants, cette partie de la triple frontière avec l’Algérie et la Libye demeure vulnérable en raison de la porosité de frontières, de la faiblesse des moyens de surveillance et de la complexité des réseaux criminels. 

        Cette réalité régionale s’inscrit dans un cadre analytique plus large. Comme le constate Diallo (2020, p.83, traduction libre[12]), «les pays africains du Sahel et du Nord s’inscrivent dans ce cadre de menace  à la sécurité internationale, en raison de leurs caractéristiques d’États fragiles ou défaillants.». Cette analyse trouve une illustration paradigmatique dans la situation politico-sécuritaire de la triple frontière  de «La passe de Salvador». En effet, conformément à la typologie établie par Rotberg (2003), la Libye et le Niger  présentent les attributs d’«État fragile», caractérisés par un effondrement structurel de l’autorité étatique. La gouvernance effective cède la place, surtout dans ces territoires périphériques, à un système dual: une dépendance critique à l’aide humanitaire coexiste avec une régulation sociale dominée par la loi du plus fort.

         Cette déliquescence institutionnelle, en empêchant l’exercice des fonctions régaliennes fondamentales, fournit le justificatif principal à la securitisation croissante de la région sahélo-saharienne. Les différentes interventions militaires occidentales, turques et russes en Libye et au Sahel, invoquent toutes la nécessité de stabiliser la région, tout en y promouvant leurs agendas stratégiques respectifs. En ce sens, la sécuritisation de l’espace sahélien trouve ici son explication dans le choix, opéré par les gouvernements et différents partenaires régionaux et internationaux de privilégier une approche sécuritaire et militaire (Buzan et al., 1998) au détriment de réponses d’ordre politique, économique et social.

        Dans ce contexte de militarisation accrue des zones rurales et le renforcement des contrôles frontaliers, les communautés nomades et transfrontalières restent piégées car elles sont soumises à la fois aux violences des groupes armés et aux exactions des armées nationales. Comme le souligne Bencherif (2024), les États de la région présentent de manière croissante depuis les années 2010 ces populations comme source d’insécurité. Selon lui, ce discours sécuritaire puise ses racines dans des clichés coloniaux qui dépeignent les communautés sahariennes comme des êtres «étranges », «dangereux » et «insoumis » aux États, légitimant ainsi leur surveillance et leur déshumanisation par certains gouvernements sahélo-sahariens.

        3. Analyse Parallèle

        La discussion et les éléments analysés durant cette étude comparative révèlent que  les zones frontalières de Foz do Iguaçu et de la passe de Salvador présentent des dynamiques convergentes significatives. Toutes les deux constituent des nœuds stratégiques essentiels pour les flux illicites transnationaux, qu’il s’agisse de trafic de drogues et produits en Ameriques du Sud ou de la contrebande des armes ou prise d’otages au Sahel. Cette centralité criminelle s’ancre dans la marginalisation structurelle, connivence institutionnelle, des vulnérabilités de gouvernance, informalité économique et carence étatique. Cette configuration confirme la pertinence heuristique du concept «État défaillant» pour analyser la gouvernance de ces zones périphériques, qui constituent des nœuds stratégiques dans les routes du trafic de drogue.

        Autre aspect similaire est le  processus de sécuritisation qui marque ces deux régions, impulsé par des acteurs externes (les États-Unis et Israël dans le premier cas, occidentaux/russes et turques dans le second) qui légitiment leurs interventions par un discours mettant en avant la menace à leur sécurité et la sécurité mondiale. Enfin, dans les deux cas, la sécuritisation stigmatise les minorités: les autochtones et la communauté musulmane au niveau de la triple frontière sud américaine et les communautés transfrontalières à la triple frontière saharienne.       

        Conclusion:

        En définitive, cette étude comparative des configurations frontalières de Foz do Iguaçu et de la passe de Salvador démontre la pertinence opératoire du cadre théorique mobilisé. L’articulation des concepts «État défaillant» et «securitisation» éclaire avec précision les dynamiques à l’œuvre dans ces deux contextes.

        L’analyse établit une corrélation pertinente:  l’ampleur des activités criminelles et leur impact sur la sécurité des populations périphériques sont proportionnels à la carence de la souveraineté étatique  et à l’insuffisance de la coopération multilatérale. Face aux menaces illicites, les acteurs sécuritisants – notamment les États – privilégient systématiquement une réponse sécuritaire et militaire légitimant le recours à des mesures exceptionnelles pour le contrôle des différentes frontières.   

        En dernier lieu, au-delà de leurs spécificités contextuelles, ces deux espaces révèlent une similarité fondamentale: la gestion des enjeux transnationaux y est abordée sous le seul angle de la sécuritisation, souvent au détriment d’approches politiques, économiques ou sociales plus inclusives et durables.

        Références Bibliographiques

        BUZAN, Barry et al., 1998, Security: a New Framework for Analysis. Boulder, Lynne Rienner Publishers.

        BENCHERIF, Adib. Representations and Policies toward Nomadic Communities in the Sahara and Sahel: The Intersection of Securitization and Orientalism. In: HOWARTH, Anthony et al. Nomads’ Land: Exploring the Social and Political Life of the Nomad Category. International Political Sociology, v. 18, n. 4, p. olae034, 2024.

        DIALLO, Mamadou Alpha. A ÁFRICA PERANTE OS DESAFIOS DE SEGURANÇA DO SÉCULO XXI: qual é o papel das fronteiras no avanço e na contenção do terrorismo? 2020, p. 81-98. In: Fronteiras e relações internacionais: perspectivas a partir do conesul/Marcelino T. Lisboa , Micael A. silva, Olga Monica Saavedro (orgs).- 1.ed. – Curitiba: Appris, 2020. ISBN 978-65-5820-716-0.   

        MARTINS, Júlio César Lacerda, DE FRANCISCIS RAMOS, Carlos Eduardo, et al. Tríplice Fronteira sul: um estudo da entrada de ilícitos transfronteiriços. Revista Brasileira de Estudos de Defesa, 2024, vol. 11, no 1.

        MEDEIROS FILHO, Oscar. Entre a cooperação e a dissuasão: políticas de defesa e percepções militares na América do Sul. Tese de Doutorado. São Paulo: USP, 2010.

        NASSER, R. M. Os Estados Falidos: Novas Ameaças e novas oportunidades in Os conflitos internacionais em múltiplas dimensões/Reginaldo Mattar Nasser (org.). São Paulo: Editora UNESP: Programa San Tiago Dantas de Pós-Graduação, 2009. 228p.

        ROTBERG, Robert. ​Failed states, collapsed states, weak states: ​causes and indicators. In: ROTBERG, Robert (Ed.). State failure and state weakness in a time of terror. Cambridge: World Peace Foundation, 2003, p. 1-28. https://www.brookings.edu/wp-content/uploads/2016/07/statefailureandstateweaknessinatimeofterror_chapter.pdf. Consulté le 09/10/2025. 

        DEVIA-GARZÓN, Camilo Andrés et ORTEGA-AVELLANEDA, Dina Alejandra. Características y desafíos del crimen organizado transnacional en la Triple Frontera: Argentina-Paraguay-Brasil. Revista Criminalidad, 2019, vol. 61, no 1, p. 9-28.

        Hamdy A. Hassan, (2024), The Salvador Pass Dilemma: Security, Violence, and the Paradox of Governance in the Sahelʹs Borderlands, International Journal of Clinical Surgery, 3(6); DOI:10.31579/2834-5118/057. 

        UNITED STATES. Country Reports on Terrorism 2016. Washigton, 07/2017. https://www.state.gov/reports/country-reports-on-terrorism-2017/  . Consulté le 11/10/2025. 

        UNODC. Rapport mondial sur les drogues 2023 Messages clés sur l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. https://www.unodc.org/westandcentralafrica/uploads/documents/WDR_2023_WCA_Messages_cles.pdf. Consulté le 13/10/2025. 

        [1]  Balzacq, Thierry. Théories de la sécurité : les approches critiques. Paris, Presses de Sciences Po, 2016, p. 193

        [2] L’original en Portugais: «perfil de entrada de ilícitos na Tríplice Fronteira é caracterizado pela entrada de cigarros, maconha, cocaína e defensivos agrícolas, não obstante o tráfico de armas […], o que revela ser uma área de grande vulnerabilidade, com apelo à Defesa Nacional e que requer atenção por parte do Estado brasileiro. » (Martins et al, 2024, p.120)

        [3] Voir le reportage: «Entenda como a Tríplice Fronteira se tornou uma das maiores rotas de cocaína do hemisfério Sul para a Europa – 25/06/2025 – UOL Notícias https://share.google/8VPE4tWHS2BBmqcyu » consulté le 05/010/2025.

        [4] Voir «Povos indígenas Avá-Guarani no Paraná e no Mato Grosso do Sul reivindicam demarcação de seu território tradicional, o Tekoha Guasu Guavirá, disputado por fazendeiros e pela Itaipu Binacional» https://mapadeconflitos.ensp.fiocruz.br/conflito/pr-povos-indigenas-guarani-do-parana-e-mato-grosso-do-sul-lutam-por-agua-por-minimas-condicoes-de-vida-e-por-regularizacao-de-seu-territorio-tradicional/

        [5] https://360info.org/between-borders-and-bias-the-arab-muslim-community-of-foz-do-iguacu/

        [6] Rewards for Justice: Reward Offer for Information on Hizballah Financial Networks in the Tri-Border Area.https://br.usembassy.gov/rewards-for-justice-reward-offer-for-information-on-hizballah-financial-networks-in-the-tri-border-area/

        [7] Paraguay will have an anti-terrorist base with FBI support in the Triple Borderhttps://en.clickpetroleoegas.com.br/An-international-base-with-FBI-support-will-be-installed-on-the-border-between-Brazil–Paraguay–and-Argentina-to-contain-networks-linked-to-Hezbollah–transnational-trafficking–and-factions-such-as-the-PCC-and-the-Red-Command./

        [8] L’original en anglais: « the stateʹs inability to provide public services within its desert borders and the actual marginalization of these communities have further fueled smuggling and illicit trade across the border corridors.»

        [9] L’original en anglais: « Under the Gaddafi regime, border crossings were far from average and characterized by corruption and nepotism».

        [10]Orient XXI. «Agadez, Niger. Drogues,armes et migrants, trafics en tous genres». 2019. https://orientxxi.info/magazine/agadez-niger-drogues-armes-et-migrants-trafics-en-tous-genres,3117. Consulté le  08/10/2025.

        [11]SOUROU, Helene. «Agadez: saisie record de drogue d’une valeur de 11 millions FCFA». 28/08/2025. https://www.journalduniger.com/agadez-saisie-record-de-drogue-dune-valeur-de-11-millions-fcfa/ . Consulté le 08/10/2025.

        [12] L’originale en portugais « Os países africanos do Sahel e do norte entram nesse escopo de ameaça à segurança internacional, devido às suas características de Estado frágil e falido.» ( Diallo, 2021, p.83)